01/08/2006

Journal 07/2006

 

Le mot du Président

 

 La "  Tolérance zéro ", est-elle une variante du "zéro défaut " ?

Après s’être faufilée presque honteusement dans les discours politiques, la pensée sécuritaire a fini par en occuper tout l’espace et par souci électoral se retrouve dans les programmes de certains partis démocratiques.

L’histoire de la tolérance zéro commence avec l’expérience de sécurisation du métro de New-York durant la première moitié des années 1990. La police a pour mission d'intensifier les contrôles d’identité et des fouilles pratiqués sur des personnes qu'ils jugent a priori suspectes.

Dans la pratique, il semble que les personnes contrôlées ne soient pas nécessairement représentatives de la diversité de la population. Basé généralement sur le contrôle au faciès, la "tolérance zéro"  est appliquée sur des personnes déjà marginalisées et bien souvent jeunes et en mal d'intégration.

Si chaque société doit gérer les délinquances qui la reflètent assez fidèlement, faudra-t-il aussi passer au pilon tous les livres qui célèbrent des actes délictueux, ou simplement les considèrent avec tolérance. Appliquée à la littérature, au cinéma, à la peinture, la "tolérance zéro" ne laissera pas foule d’œuvres dans les bibliothèques, les filmothèques et les musées.

La "tolérance zéro" est déjà prônée par les religions et récemment un professeur de philosophie a du être placé sous la protection des services secrets en France suite à la rédaction d'un article décrivant le coran comme étant un livre de haine et de violence prônée par le prophète Mahomet. Il a depuis reçu des menaces de mort très précises et a du arrêter d'enseigner.

Le risque d'un monde partagé entre les bons sans reproches et les mauvais sans excuses avec, au milieu, des gardiens de la vertu de plus en plus nombreux n'est pas nul et la "tolérance zéro", stade ultime de l’intolérance, ne peut résoudre tous les problèmes. Uniquement répressive et ne se préoccupant que des conséquences et pas des causes, seul méritera d'être retenu le "zéro".

 

T. Covolo

00:36 Écrit par serainglaicite dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |