22/09/2009

Journal 09/2009

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Activisme religieux.

La prestation de serment de la jeune et voilée Mahinur Özdemir au parlement régional bruxellois est probablement de nature à susciter un nouveau débat sur l'expression d'une appartenance à une religion ou a une communauté, dans la sphère publique.

En effet, en autorisant une de ses représentantes à siéger au parlement en portant le voile, le groupe politique  concerné transmet le message clair qu'il accepte, de ce fait, d'y réintroduire la représentation du religieux. Il est vrai que l'attitude très conciliante de certains partis à l'égard de ce qu'on appelle aujourd'hui les "accommodements raisonnables", l'enseignement du créationnisme et le port de signes distinctifs religieux par les agents des services publics va dans le même sens.

Si devant cet activisme religieux d'une efficacité redoutable il est urgent de clarifier la situation, la redéfinition de la neutralité risque d'ouvrir une boite de pandore au contenu rarement favorable pour les défenseurs d'une réelle séparation des églises et de l'Etat.

Madame Özdemir semble, à l'insu de son plein gré, vouloir nous tricoter une nouvelle neutralité sur mesure en confessionnalisant les assemblées. Souhaitons que la réaction des militants laïques soit à la hauteur de la détermination de cette élue du peuple.

 

T. Covolo

 

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15/05/2009

Journal 05/2009

Affirmation et loi divine.

 

Alors que le Vatican prend régulièrement des positions sur des sujets, économiques, bioéthiques, climatiques, sociétaux, …  revendiquant ainsi le rôle de conscience du monde, les polémiques suscitées par les propos du pape concernant le préservatif ont mis en évidence le décalage de Benoît le seizième avec les réalités humaines.

Si on ajoute, la levée des excommunications des évêques intégristes parmi lesquels un négationniste, l'excommunication de médecins brésiliens qui ont pratiqué un avortement sur une fillette violée et les propos controversés de ce même pape sur les préservatifs dans la lutte contre le sida on peut comprendre le désarroi des fidèles de cette religion face à ce système de gouvernement tenu à bout de bras par des septuagénaires et des octogénaires en mal de droit canon.

La laïcité préfère le savoir à la foi, la raison à la crédulité, l'homme et chaque homme aux dieux, la responsabilité, la majorité à l'infantilisme, la solidarité à la charité, le libre examen au prêt à penser, la démocratie à toute autre forme de "cratie", et la Maison de la laïcité est un lieu où les hommes peuvent se parler dans leurs différences avec le risque, peut-être d'être excommunié.

 

T. COVOLO

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18/01/2009

Journal 01/2009

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L'année de tous les dangers.

La fin de l’année est la période des bilans et si pour les finances ce fut une "annus horribilis", les retombées de la crise du capitalisme menacent la plupart d'entre-nous. Déjà des emplois sont touchés et en attendant de connaître le véritable impact de la crise financière sur la croissance, partout les économistes revoient les prévisions à la baisse. Pendant que l'Europe, en pleine déflation, renfloue les banques à coup de milliards pour tenter d’enrayer la crise du marché monétaire, le citoyen se demande comment faire face au surendettement qui le guette.

Dans ce contexte agité, il n'est pas dans nos intentions d'entretenir un scepticisme béat, aussi avons-nous prévu bon nombre d'activités pour l'année nouvelle. Nous vous en reparlerons en temps utile.

En attendant, et ne sachant pas que le haut-fourneau 6 serait emmacralé, nous avons programmé en 2008 une sortie au théâtre des marionnettes de Mabotte avec le spectacle intitulé "La sorcière du haut fourneau 6". Des conférenciers de renom ont répondu à notre invitation. Mr. Pierre Verjans "Après le 23 mars, la Belgique : une résurrection ou Leterme d'une aventure ?" ;  Mr. Marcel Conradt "Sectes et lobbies religieux à l'assaut de l'Europe" ; Mr. Richard Joelants  "Que peut-on encore faire avec le wallon" ;  Mme. Nadia Geert, Mrs. Philippe Grollet et Mrs. Marc Jacquemin "La laïcité à la belge : où en est-on ? ". Un cycle d'initiation à la philosophie a débuté et rencontré un grand succès. Les philosophes tels que Socrate et Epicure ont été abordés. D'autres le seront encore dans le courant de l'année 2009. Le trio Lyre d'Elfe est venu agrémenter une soirée festive, un deuxième stage de théâtre pendant les vacances et une bourse aux jouets ont fait la joie de nombreux enfants et parents. Ajoutez les nombreuses cérémonies laïques et vous avez un aperçu des activités réalisées !

En nous réjouissant déjà de vos présences nombreuses aux activités futures et en remerciant le Conseil d'Administration pour son dynamisme et pour l'excellent travail accompli tout au long de cette année 2008, permettez-moi, en son nom, de vous transmettre ainsi qu'à vos proches, nos meilleurs vœux pour l'année nouvelle. 

T. Covolo

 

13:34 Écrit par serainglaicite dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

09/01/2009

Journal 09/2008

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André Comte-Sponville nous faisait remarquer que le capitalisme ne peut être ni moral, ni contre la morale.  Plutôt amoral qu'immoral, il se situerait donc en dehors de toute morale. Tout cela paraît un peu compliqué mais la crise bancaire actuelle nous invite à réfléchir sur la morale du monde des affaires.

 Depuis la crise provoquée par des établissements de crédit américains qui ont imprudemment accordé des prêts pourris («subprimes») à des ménages pauvres, les bourses s'emballent. Le séisme a traversé l'atlantique et mis à mal les banques de la vieille Europe. Les milliards virtuels s'évaporent, laissant les petits épargnants méditer sur la descente aux enfers de leurs espoirs déçus. Les économistes, les boursiers et les médias s’affolent. Tous parlent de la fameuse crise des subprimes et le commun des mortels, qui veille sur ses économies avec prudence, subit sans trop comprendre et se demande comment on a pu en  arriver là.

Par définition, la morale  est désintéressée, car accomplir une action morale par intérêt ne saurait être moral et comme le rappelait Adam Smith (*) : "Ce n’est pas par générosité de cœur que le boulanger vend son pain à la ménagère à un prix que celle-ci peut supporter, mais parce que tel est son intérêt."

Si, dans nos sociétés, il semble impossible de concilier intérêts humains et intérêts économiques, la technique du "consommez, on verra après" vient de montrer ses limites. Les altermondialistes vont-t-ils engendrer des altercapitalistes ? Si c'est pour plus d'éthique dans les affaires on peut le souhaiter.

 T. Covolo

 

 

(*) Adam Smith (1723-1790) : Professeur de morale à l'université de Glasgow en Écosse, il enseignait la théologie, l'éthique, la philosophie et, accessoirement, l'économie qui n'existait pas encore en tant que discipline autonome. Il est aussi repris comme étant un des pères du libéralisme et de l'économie moderne

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24/04/2008

Journal 03/2008

 

Pas de droit à l'indifférence.

Les vacances sont terminées et ceux qui se sont  cloîtrés et se sont rassasiés dans les formules "All in" proposées par les hôtels luxueux du bord de mer ne se sont probablement guère souciés du mode de vie des autochtones et encore moins des 850 millions de personnes qui souffrent de malnutrition sur notre planète. Il est vrai qu'on ne peut pas être responsable de toute la misère du monde et que le problème de la faim ne date pas d’hier. Constatons seulement qu'une partie de la planète vit dans l’abondance et que l'autre partie meurt de faim dans l’indifférence la plus totale. Peu importe si, pour produire un plein de 50 litres de bioéthanol, il faut brûler 230 kg de maïs sachant que 250 kg peuvent nourrir une personne pendant une année !

Mais l'indifférence ne commence pas là ! Plus près de nous la pauvreté s'installe. Les statistiques nous rappellent que 1,5 million de Belges soit 15 % de la population sont pauvres (1) et ont des difficultés pour se loger, se chauffer ou tout simplement se nourrir. Parmi ces personnes, un quart, âgés de 65 ans ou plus, vivent sous le seuil de pauvreté. Tous ces chiffres semblent évoluer dans l'indifférence générale, du moins pour ceux qui ne sont pas concernés. L'indifférence ! Vestibule de l'oubli et antichambre du mépris. Véritable fléau universel, elle ronge le peu de sentiment d'humanité qui reste en nous évitant ainsi de se transformer en indignation. On a vu les corps de ces deux "Roms" noyés à Naples et allongés sur la plage à côté de baigneurs étalés dans le sable et tout cela dans l'indifférence générale. On se souvient de cette dame, morte dans l'indifférence après s'être écroulée dans une salle d'attente d'un hôpital de New-York.

Tous les jours, le monde apporte son lot d'indifférence. Sommes-nous passés de la mondialisation à l’indifférence universelle ? En attendant, nous nous devons de combattre avec "force" et "vigueur" et sans relâche cette pourriture de l'esprit qu'est l'indifférence.

T. Covolo

 

(1) Source : direction générale des statistiques et information économique

 

 

 

 

 

 

 

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01/02/2008

Journal 01/2008

 

Bien sûr, il y a le réchauffement climatique, le feuilleton de la non-formation du gouvernement, le néo-libéralisme galopant, les tournées d'adieux des pop-stars sexagénaires siliconées, Star Ac, Sarkozy, Bush, Leterme et la profonde conviction qu'il n'y a rien ni personne dans le cosmos pour donner du sens à notre existence mais il y a la Maison de la Laïcité de Seraing !

Cette année encore fut une année pleine. Nous avons présenté les conférences de Monsieur Pierre Gothot : " Eglise et Etat, une dispute sans issue ", de Monsieur Henri Deleersnijder : " La démocratie à l’épreuve des populismes ". Le groupe musical de jazz manouche " O’ Juliette " nous a gratifié d’une merveilleuse soirée de jazz et monsieur Paul-Henri Thomsin nous a parlé du " wallon au quotidien ". De plus et avec le soutien du Centre d'Action Laïque de la province de Liège, la Maison de la Laïcité de Seraing initiait au mois de juillet un stage "théâtre et cuisine" pour les jeunes de 11 à 17 ans. Le succès fut tel que nous avons dû refuser quelques inscriptions. Début décembre la visite de l’exposition " Da Vinci " à Bruxelles à réuni un large public et malheureusement là aussi nous avons dû refuser du monde. Si en plus, vous ajoutez réunions mensuelles et les nombreuses cérémonies laïques qui ont émaillé l'année 2007, vous constaterez combien le Conseil d'Administration a été sollicité !

La programmation des activités de l'année 2008 est en cours d'élaboration et nous pouvons déjà vous annoncer que le 24 janvier 2008, nous vous proposons une sortie au théâtre de marionnettes de Mabotte à Jemeppe où vous pourrez assister à la représentation de la pièce "La sorcière du haut fourneau 6". Par ailleurs, des conférenciers ont déjà donné leurs accords et les sujets des conférences vous parviendront très prochainement.

Vous constaterez que la Maison de la Laïcité de Seraing, forte de l'abnégation de son Conseil d'Administration met tout en œuvre pour être fidèle à ses engagements et pour défendre les valeurs universelles de la laïcité avec implication dans la compréhension du monde qui nous entoure.

En espérant que ces activités correspondent quelques peu à vos aspirations et toujours attentifs à vos propositions je vous souhaite, au nom du Conseil d'Administration de votre Maison, mes meilleurs vœux d'émancipation pour l'année nouvelle.

T. Covolo

11:22 Écrit par serainglaicite dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

09/11/2007

Journal 11/2007


Le hobby des lobbies.

Suite à la mondialisation galopante et probablement irréversible, les dirigeants des groupes multinationaux financiers ou industriels, et d'institutions internationales opaques (FMI, la Banque mondiale, l'OCDE, l'OMC, etc…) sont devenus incontournables. Confortés par des thèses néolibérales, apparemment très argumentées sur le plan économique, ces organismes ont la main mise sur la planète entière alors que le pouvoir des états est limité à une dimension nationale. Face aux bulldozers de la libéralisation à outrance, le citoyen se trouve de plus en plus démuni et a bien du mal à s'instituer en contre-pouvoir pour proscrire le non-respect des droits humains, le manque de solidarité, la pauvreté, la détérioration de l’environnement et autres fléaux comme le trafic d’armes, de drogue et d’êtres humains, l’exploitation de la femme et du sexe, le travail des enfants, la manipulation des médias, les mafias de toutes espèces, … qui font partie des vecteurs responsables de l’avilissement du sens de la vie.

Si les lobbyings économiques et financiers sont devenus pratiques courantes et semblent rencontrer un certain fatalisme dans la population, la question reste posée quant aux lobbyings idéologiques et aux pressions exercées à tous les niveaux par les groupes sectaires et religieux. Aussi dangereuse qu’insidieuse, une campagne d'obscurantisme se développe dans les labyrinthes du parlement européen et sachant que la laïcité n’est pas une valeur majoritaire au sein de ce parlement, les serviteurs de la liberté de conscience que nous sommes ont bien du mal à faire de la résistance.

Sur le chemin balisé de la pensée unique, évangélisée par les dogmes économiques et autres, on se doit de dénoncer les pratiques des lobbies qui, à coup d'ingérence, d'influence et de favoritisme dénotent plutôt une façon corrompue d'agissement dans les affaires des citoyens et des Etats. A moins qu'un jour, on ne parvienne à constituer un lobby laïque incontournable !

T. Covolo

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17/08/2007

Journal 09/2007

Le mot du Président 

Le sale air de la peur. 

Sommes-nous en train d'assister à l'émergence d'une culture globale de la peur ? 

Aujourd'hui on a peur de tout. Peur de la maladie et de la mort, peur pour l’avenir des jeunes, peur du chômage, peur de la précarité, peur de l’autre, peur de la solitude, peur de ne pas être à la hauteur, peur de la violence individuelle et collective, peur des choix politiques, peur des catastrophes naturelles, peur pour l’avenir de notre planète, peur du terrorisme et de la guerre, peur des nouvelles technologies…De plus, la mise en œuvre des politiques sécuritaires, le discours des médias et la stigmatisation croissante de certaines populations pourvoient ce sentiment. 

"En adoptant des politiques à court terme qui encouragent les peurs et créent la division, certains gouvernements sapent l'Etat de droit et les droits humains, entretiennent le racisme et la xénophobie, divisent les populations, augmentent les inégalités et sèment les germes de nouvelles violences et de futurs conflits", déclare dans un rapport la secrétaire générale d'Amnesty international. "La politique de la peur crée une situation où les atteintes aux droits humains se multiplient, où plus aucun droit n'est sacré et où plus personne n'est en sécurité", ajoute ce rapport. 

Maintenir les hommes dans la peur, c’est les maintenir sous un grand pouvoir et si ce discours est assez présent dans l’histoire des religions (l’homme doit vivre dans la crainte du jugement de Dieu car il y aura sanction des âmes après la mort), le pouvoir suprême ici bas est le pouvoir politique. Il n’est donc pas étonnant que les techniciens du pouvoir aient cherché à justifier l’usage de la peur. Cette pratique est devenue, non seulement courante mais efficace et passer du discours de la peur à la flatterie est devenu un art. L'instrumentalisation obsessionnelle de la peur semble même faire oublier que les dictatures et les régimes totalitaires se servent aussi de la peur pour user et abuser du pouvoir. 

S'il existe une habileté calculée, rusée, machiavélique à manipuler l’insécurité et à utiliser la peur (la conférence sur Machiavel "Le prince" donnée il y a quelque temps dans notre Maison en a fait état), il faut bien constater que dans nos sociétés l’emprise de la peur est devenue tentaculaire. Les caméras de surveillance sont partout, tous les gestes sont épiés, la moindre pensée est repérée et la moindre réaction interprétée. Cette transposition du maccartisme paralyse l'homme et favorise une mondialisation des violations des droits humains.  

Sommes-nous entrés dans l'ère de l’émergence d’une culture de la peur, du soupçon et du repli sur soi, au détriment de la solidarité et au profit de l'ignorance, une ère où la promotion de la peur finira par prohiber la raison si chère à nos yeux ?

T. Covolo

11:32 Écrit par serainglaicite dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

29/01/2007

Journal 12/2006

 

 

Le mot du Président

 

La honte de choc

 

Beaucoup de démocrates de notre pays se sont révoltés contre la réaction des chefs religieux musulmans suite aux fameuses caricatures de Mahomet parues dans un journal danois il y a peu de temps. Ils se doutaient bien peu que, suite à la caricature de la Belgique développée dans le document fiction programmé par la RTBf le 13 décembre dernier, les Ayatollahs changeaient de camp en s'insurgeant sans nuance contre ce qui n'était qu'une fiction.

 

Même si on peut reprocher à notre média national d’avoir sous-estimé la réaction émotive de certaines personnes fragilisées par la forme discutable de l'émission, il est remarquable de constater que le monde n'a jamais avalé autant de couleuvres qu'aujourd'hui. Via le téléphone arabe électronique, la communication se transforme rapidement en information valide. La rumeur circule, s'amplifie et devient message d'évangile. L'information fait le tour du monde pressée qu'elle est d'être à la une de toutes les émissions spéciales.

 

L'onde de choc passée, on soupire, on analyse et on réfléchit sur la médiatisation toujours plus accrue qui vide l'information de sa substantifique moelle et qui va jusqu'a l'atrophier.

 

A quand une émission, non fiction, qui expliquerait que la séparation entre les églises et l'Etat est une réalité, que les cours de religions sont supprimés, que le prosélytisme n'existe plus dans les écoles libres, que le pape regrette ses positions sur l'avortement, le préservatif, le divorce …, que les centres fermés font partie de l'histoire, etc.

 

Notre maison, qui a abordé la problématique de l'information il y a peu avec la remarquable conférence donnée par J-J. Jespers met un point d'honneur à vous informer efficacement sur des sujets divers et comme par le passé, elle mettra tout en œuvre pour vous donner les outils nécessaires à la juste réflexion.

 

Nous vous souhaitons, ainsi qu'a tous ceux qui vous sont chers, nos meilleurs vœux pour l'année nouvelle et nous nous réjouissons déjà de vos présences nombreuses aux activités programmées en 2007.

 

 

T. Covolo

12:04 Écrit par serainglaicite dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

01/08/2006

Journal 07/2006

 

Le mot du Président

 

 La "  Tolérance zéro ", est-elle une variante du "zéro défaut " ?

Après s’être faufilée presque honteusement dans les discours politiques, la pensée sécuritaire a fini par en occuper tout l’espace et par souci électoral se retrouve dans les programmes de certains partis démocratiques.

L’histoire de la tolérance zéro commence avec l’expérience de sécurisation du métro de New-York durant la première moitié des années 1990. La police a pour mission d'intensifier les contrôles d’identité et des fouilles pratiqués sur des personnes qu'ils jugent a priori suspectes.

Dans la pratique, il semble que les personnes contrôlées ne soient pas nécessairement représentatives de la diversité de la population. Basé généralement sur le contrôle au faciès, la "tolérance zéro"  est appliquée sur des personnes déjà marginalisées et bien souvent jeunes et en mal d'intégration.

Si chaque société doit gérer les délinquances qui la reflètent assez fidèlement, faudra-t-il aussi passer au pilon tous les livres qui célèbrent des actes délictueux, ou simplement les considèrent avec tolérance. Appliquée à la littérature, au cinéma, à la peinture, la "tolérance zéro" ne laissera pas foule d’œuvres dans les bibliothèques, les filmothèques et les musées.

La "tolérance zéro" est déjà prônée par les religions et récemment un professeur de philosophie a du être placé sous la protection des services secrets en France suite à la rédaction d'un article décrivant le coran comme étant un livre de haine et de violence prônée par le prophète Mahomet. Il a depuis reçu des menaces de mort très précises et a du arrêter d'enseigner.

Le risque d'un monde partagé entre les bons sans reproches et les mauvais sans excuses avec, au milieu, des gardiens de la vertu de plus en plus nombreux n'est pas nul et la "tolérance zéro", stade ultime de l’intolérance, ne peut résoudre tous les problèmes. Uniquement répressive et ne se préoccupant que des conséquences et pas des causes, seul méritera d'être retenu le "zéro".

 

T. Covolo

00:36 Écrit par serainglaicite dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

30/03/2006

Journal 04/2006

 

Le mot du Président

 

Aujourd'hui, tout est organisé pour dessiner la caricature d'un monde manichéen.

 

Les préjugés et les rancunes sont triés et instrumentalisés pour construire une croisade qui conduit à des paranoïas dévastatrices et où il n'est pas rare de voir les semeurs de certitudes menacer de mort les semeurs de doutes.

 

Pendant que l'immunité médiatique réclamée par les religions se fraye un passage sur le chemin de la censure, la laïcité de l'espace citoyen est remise en question et la liberté d'expression se retrouve sur le banc des excusés.

 

Si les caricatures provoquent un certain tollé, il faut rappeler que l'exercice a déjà été expérimenté à plusieurs reprises par les prêtres français quand ils ont obtenu le retrait de l'affiche du film de Milos Forman "Larry Flynt", qui choquait certains mouvements catholiques, et quand les évêques de Paris sont parvenus à faire annuler une publicité inspirée de "La Cène".

 

Par nature l'art cultive les provocations de toutes sortes et il serait bon de s'interroger sur la responsabilité des médias et sur leur apparente crédulité dans la répercussion des événements. La conférence que nous proposera le 18 avril prochain Monsieur Jean-Jacques Jespers, journaliste chargé de cours au Département des Sciences de l'Information et de la Communication de l'ULB, intitulée "Comment les médias influencent la vision du monde ?" apportera un éclairage nouveau sur la manière de transmettre l'actualité et sur les manipulations qui en découlent.

T. Covolo

 

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Journal 01/2006

Le mot du Président

 

Pendant que la France se sarkosise à coup de karcher transformé en lance-flammes, que l'Europe se droitise et se vaticanise, la Belgique se divise au gré des couleurs des régions. Le nord du pays observe les sudistes qui n'en finissent pas de tourner en rond au rythme de Bernie et qui, dans les habitations ou autres logements, jouent avec les allumettes de la démocratie.

 

Le citoyen téléformé, lui, s'insurge avec véhémences contre les cabales de la Start Ac. Dépité, il enjambe allègrement les SDF, qui dans nos villes traînent ou meurent faute d'infrastructures adaptées, pour aller s'extasier sur le circuit des crèches aux illuminations kitchs. Quand on sait que, aujourd'hui, le travail ne suffit plus pour s'extraire des 15 % du nombre de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté, il faut bien chercher à "rêver".

 

Enfin, même si les parkings de la pensée unique affichent complet et que le père Damien n'a pas été élu "Belge du siècle" malgré une défense du dossier remarquée, le Standard va peut-être être champion !

 

Transmettre les vœux de fin d'année dans ces conditions risque de paraître dérisoire mais puisque c'est l'usage, nous vous souhaitons, non seulement d'entretenir l'esprit de révolte qui est en vous, mais surtout nos meilleurs vœux de bonheur, joies et santé pour l'année nouvelle.                                                                      

T. Covolo

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Journal 11/2005

 

 

Le mot du Président

 

Pendant que les organisations nationales et internationales s'évertuent, d'une crise à l'autre, à trouver des solutions aux problèmes de répartition des richesses, de l'équilibre financier, du respect des choix politiques, culturels et religieux des peuples, le monde et les modes de communications se transforment. Par contre le contenu ne s'améliore pas ! Les messages véhiculés sur la toile de notre cyber planète ressemblent de plus en plus à des suppositoires médiatiques et pendant que les médias du divertissement s'occupent de leur performance à l'audimat, les J.T., principales sources d'informations du public, sont relégués au rang de "magazines" où l'on  ne trouve que catalogue de catastrophes et faits divers sensationnels.

 

Les informations essentielles, noyées dans un déluge d'informations insignifiantes, sont diffusées par une multitude de médias au contenu identique. L'apparence de l'image souligne plus l'apparence des choses que leurs raisons profondes et les médias donnent l'impression de subir les événements créés par des spécialistes plutôt que de découvrir l'information. Dans ces conditions, le commun des mortels a bien des difficultés de se forger une opinion qui ne soit pas "télé guidée".

 

Les manipulations avérées de l'information semblent mettre la démocratie en danger (et je ne parle que des médias !). Ce constat nous interpelle et, afin d'affuter votre esprit critique, nous allons prochainement aborder cette problématique à travers un cycle de conférences-débats données par des spécialistes connus de l'information.

 

Nous espérons vous y voir nombreux !

 

T. Covolo

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